[UPDATE 2019]Certaines des informations citées dans cet article pourraient être obsolète.

Les faits

Dans notre pays, 28,2% de la population fume, la moitié des jeunes de 15 ans ont déjà fumé au moins une cigarette, la consommation de tabac engendre 10 milliards de francs par an de coûts sociaux et les produits du tabac sont à l’origine de 3 % des incendies. En moyenne, 73% des fumeurs qui essayent un vaporisateur personnel de qualité arrêtent de fumer.

Ces chiffres démontrent à eux seuls que les cigarettes électroniques doivent être considérées sérieusement pour lutter contre le fléau du tabagisme qui a fait 100 millions de morts au siècle passé. Beaucoup d’idées fausses circulent à propos de ces systèmes.

Cet article est largement repris des publications de Helvetic Vape, compte tenu de la pertinence de leurs propos. Merci à eux pour la qualité des informations qu'ils partagent.

Le matériel et les liquides

Le matériel utilisé par les vapoteurs est très mal connu. Il existe un grand nombre de systèmes, différents les uns des autres dans leur mode de fonctionnement. Cependant, le principe de base reste toujours le même. Un liquide, composé essentiellement de propylène glycol, de glycérine végétale et d’arômes, est amené par capillarité vers une résistance qui le chauffe modérément. Les molécules chauffées des composants du liquide créent un aérosol qui condense la vapeur d’eau présente dans le flux d’air induit par l’aspiration de l’utilisateur et génèrent un brouillard/nuage visible, communément appelé « vapeur » en français. Les machines à brouillard utilisées dans les boîtes de nuit et les concerts fonctionnent sur le même principe en utilisant les mêmes substances.

Dangereux ?

Une idée fausse, largement diffusée, concerne la prétendue dangerosité de la vapeur générée par les cigarettes électroniques. Les premières ecigs ont été mises sur le marché il y a dix ans. On dispose donc du recul nécessaire pour affirmer leur caractère inoffensif à moyen terme. De nombreuses études scientifiques ont été faites sur le sujet. Il n’a été observé que deux cas de complication pulmonaire dans le monde entier pendant ces dix ans et ils sont dus à un usage non conforme (l’ajout d’huile essentielle au liquide). L’innocuité sur le long terme reste la seule inconnue mais au vu de celle à court et moyen terme, on peut affirmer que les risques éventuels sur le long terme sont très limités. Dans tous les cas, ils sont infiniment moins élevés que les risques établis liés à l’inhalation de la fumée du tabac.

Les utilisateurs

La communauté des utilisateurs est très active et soudée. Les principaux vecteurs d’information sont les forums internet sur lesquels les usagers trouvent des conseils, du soutien et plus globalement une émulation positive au travers de l’appartenance à un groupe. Le matériel et les liquides y sont régulièrement critiqués ou recommandés en fonction des expériences vécues par les membres des forums. Ces informations de première main s’échangent très rapidement et permettent aux utilisateurs de faire leur choix facilement en évitant le matériel de mauvaise qualité.

Comparaison avec la fumée du tabac

C’est la combustion du tabac qui produit les composants cancérigènes, les particules fines et le monoxyde de carbone de la fumée responsables des maladies mortelles liées au tabagisme. La vapeur générée par les vaporisateurs personnels ne ressemble en rien à de la fumée. Elle ne contient pas tous ces composants cancérigènes. Le temps de suspension de la vapeur dans l'air est d’environ 11 secondes contre plus de 15 minutes pour la fumée de tabac. La vapeur se transforme rapidement en gaz et la dispersion des résidus dans l’environnement est très limitée. 

Les vaporisateurs personnels et les liquides ne sont pas des produits du tabac, ne l’ont jamais été et ne doivent pas le devenir. Il est important de ne pas faire le jeu de l’industrie du tabac qui cherche à gagner du temps pour commercialiser ses systèmes propriétaires dont certains fonctionnent avec du tabac. Ces copies de vaporisateurs personnels chauffent du tabac sans le brûler. Ce tabac contient probablement autant d’additifs que celui des cigarettes classiques.

Il est crucial de faire la différence entre les produits qui contiennent effectivement du tabac et qui, à ce titre, tombent sous le coup des réglementations sur les produits du tabac et les produits qui n’en contiennent pas et qui doivent rester des objets de consommation courante.

La dépendance à la nicotine

Jusqu’ici, l’addiction au tabac et la dépendance à la nicotine étaient intimement liées. La seule solution pour un fumeur était un sevrage complet du tabac et de la nicotine. Les dispositifs pharmaceutiques d’aide au sevrage tabagique ou traitements de substitution de nicotine (TSN) ont une efficacité faible. Les professionnels de la santé doivent revoir leur position sur le sevrage complet comme étant la seule solution au tabagisme. La substitution sur le long terme est aujourd’hui possible dans le domaine de l’addiction au tabac grâce aux cigarettes électroniques.

La nicotine n’est pas cancérigène, elle n’est pas à l’origine des nombreuses pathologies liées au tabagisme. La dépendance à la nicotine n’est pas dangereuse en soi et n’induit pas de conséquences sanitaires ou sociales. Il n’y a aucun risque de surdosage de nicotine pour un fumeur qui passe au vapotage. Il existe de nombreuses dépendances qui, si l’on exclut les éventuels jugements moraux, ne posent aucun problème tant qu’elles ne se transforment pas en addictions. Sur ce point, rappelons qu’une dépendance relève de la mauvaise habitude alors qu’une addiction est dangereuse pour la santé.

Union Européenne

En Europe : un choix regrettable

Le 26 février 2014 l'UE a décidé le classement des cigarettes électroniques et des e-liquides comme produits du tabac. C'est regrettable !

Les principaux points de cette réglementation, qui est en train d’être retranscrite dans les droits nationaux des pays de l’Union, concernent le taux de nicotine maximum fixé à 20mg/ml, la contenance de flacons de liquide limitée à 10ml, la contenance des réservoirs d'atomiseurs limitée à 2ml, l’obligation de délivrer la nicotine de manière régulière, l’instauration d’un délais de 6 mois avant la mise sur le marché de nouveaux produits, l’interdiction de la publicité et l’interdiction de ventes transfrontalières. Ils sont aberrants et démontrent le manque d’information et de réflexion des décideurs européens. Les erreurs sur le plan scientifique ont été relevées dans une lettre de quinze médecins et scientifiques adressée au Commissaire à la santé européen et à un groupe de Députés européens concernés par cette réglementation.

La limitation de contenance des flacons de liquides nicotinés à 10ml est probablement une tentative maladroite de réduire les risques liés à une ingestion accidentelle par les enfants. Pourtant, les substances nocives par ingestion sont légion dans notre environnement et il ne viendrait à personne l’idée saugrenue de limiter la contenance des bouteilles de débouche-éviers à 10ml. Les liquides contenant de la nicotine doivent donc être traités de la même manière que les autres substances contenant des toxiques. Un contenant avec un bouchon de sécurité et une mention sur l’étiquette indiquant la toxicité et les mesures à prendre en cas d’ingestion ou de contact avec la peau. Il va de soi que les produits toxiques doivent être placés hors de portée des enfants et des animaux domestiques. Notons à ce point que les médicaments, dont certains sont potentiellement mortels en cas d’ingestion massive, sont vendus sans fermeture de sécurité. De plus, la dose de nicotine létale pour un être humain n’est pas précisément connue, puisqu’il est évident que les tests en sont impossibles. La quantité de 60mg, généralement admise comme mortelle  en cas d’ingestion par un adulte, émane d’expérimentations peu scientifiques datant du 19ème siècle. Par ailleurs, de nombreux cas d’absorption de quantités bien supérieures de nicotine n’ayant pas causé la mort sont rapportés dans la littérature scientifique.

L’obligation de délivrer la nicotine de manière constante et le délai de 6 mois avant la mise sur le marché d’un nouveau produit, moyennant bien sûr un coût considérable, vont appauvrir l’offre en matériel et l’innovation. Nombreux seront les fabricants en Europe qui ne pourront pas respecter ces règles.

L’interdiction de publicité met en danger les principales sources d’information et de promotion du vapotage que sont les forums d’utilisateurs, les blogs, et les revues en vidéo. Enfin, l’interdiction de ventes transfrontalières va tout simplement à l’encontre des règles européennes de libre-échange.

Suisse

En Suisse : une réglementation incohérente

La situation actuelle est particulièrement incohérente d’un point de vue de santé publique. Les produits du tabac destinés à être fumés sont en vente libre alors que les liquides contenant de la nicotine sont interdits de vente dans notre pays. Les particuliers peuvent néanmoins importer de l’étranger 150ml de liquide nicotiné tous les 60 jours pour leur consommation personnelle.

Nous trouvons absolument illogique qu'il soit plus facile d’acheter des produits qui provoqueront la mort prématurée d’un utilisateur sur deux, que ceux susceptibles de réduire de plus de 99 % les risques liés à la dépendance tabagique. Il faut que cela change. 

Cette interdiction de vente des liquides contenant de la nicotine et la désinformation faite dans les médias, concernant les bénéfices du vapotage sont les raisons qui limitent encore l’adoption des cigarettes électroniques par les fumeurs suisses désireux de prendre en main leur santé comme c’est déjà le cas en Europe et aux Etats-Unis. C'est pourquoi nous luttons activement pour améliorer le niveau de connaissances et faire changer les lois dans le bon sens. 

En décembre 2013, l’Union des Transports Publics a annoncé que l’utilisation des cigarettes électroniques serait interdite dans tous les transports publics suisses. L’argument principal étant que les contrôleurs ont du mal à faire la différence entre un vaporisateur personnel et une cigarette. Cette décision trop rapide a été basée à ce moment sur un argument bien peu pertinent. A Genève, le directeur du Service du Commerce disait vouloir interdire les cigarettes électroniques dans les lieux publics au titre de l’article 176 de la Constitution genevoise, alors que cet article concerne uniquement la fumée du tabac. Nous sommes donc sur deux produits radicalement différents, qui sont pourtant traité de manière égale. Ce qui, pour nous, relève davantage d'un mauvais niveau d'information que de raisons valables. Dans ce même canton, le Conseil d’Etat a interdit l’usage des vapoteuses dans les locaux de l’administration, considérant qu’ils peuvent émettre des substances nocives ou illégales.

Il est donc nécessaire et urgent de clarifier rapidement le statut des cigarettes électroniques au niveau de la loi, afin d’éviter que de nouvelles interdictions continuent de découler de l’incompréhension du public. Merci à Helvetic Vape pour cette analyse pertinente.

Retrouvez toutes les sources de cet article ici.

Merci de votre lecture. A bientôt pour un nouvel article.

L’équipe Sweetch

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