Avancée majeure dans l'enquête sur l’éclosion d’une mystérieuse maladie pulmonaire aux Etats-Unis

Introduction


Le CDC, The Centers for Disease Control and Prevention, ainsi que de nombreux autres organismes de santé américains ont récemment informé le public qu’une nouvelle et mystérieuse maladie pulmonaire grave était due à l’utilisation de cigarettes électroniques. La presse s’est ainsi emparée de cette information pour en faire de gros titres effrayants. Toutefois, avec les premiers résultats d’analyse qui viennent de tomber, la vérité éclate et tout commence à prendre sens.

Liquides illégaux au THC incriminés


Ce jeudi 5 septembre 2019, le Dr. Siegel, professeur de sciences en matière de santé communautaire, a publié les premiers résultats d’analyses faites sur les liquides ayant été vapotés par les patients atteints de cette mystérieuse maladie.

Des bouteilles de THC illicites provenant de plusieurs de ces patients ont été testées dans différents laboratoires fédéraux ou d’états. Elles se sont révélées positives à l'acétate de vitamine E. Il s'agit d'une huile qui a commencé à être utilisée tardivement l'année dernière, en tant qu'agent épaississant dans les liquides de THC à vapoter.

Dans l'État de New York, cette substance a ainsi été trouvée dans au moins une des bouteilles utilisées par chaque patient. Presque simultanément, des tests effectués par la FDA, la Food and Drug Administration américaine, ont révélé la présence d'acétate de vitamine E dans 10 parmi les 18 échantillons testés. Fait important, la FDA a indiqué qu’elle n’avait trouvé aucune contamination dans les tests d’e-liquides à la nicotine.

Pour rappel, le THC est du tétrahydrocannabinol, le cannabinoïde le plus abondant et le plus présent dans la plante de cannabis, et qui possède notamment des propriétés psychoactives.

Avancée majeure dans l'enquête sur l’éclosion d’une mystérieuse maladie pulmonaire aux Etats-Unis



Nous attendons encore les résultats d’analyse des autres états.
Cependant, l’on sait déjà qu’à travers la Californie, le Nouveau Mexique et le Wisconsin, 54 des 57 cas reportés jusqu’à la semaine dernière, ont confirmé avoir consommé de l’huile de THC dans leur cigarette électronique.

Le trafic de drogue en cause


Bien qu'il y ait encore beaucoup d'inconnues, les pièces du puzzle commencent peu à peu à s'assembler. Les e-liquides à la nicotine sont sur le marché depuis de nombreuses années et utilisés par des millions de vapoteurs, sans qu’il n'y ait eu de problème à ce jour.

Toutefois, il s’avère qu’un changement majeur a été apporté à l’industrie du trafic de drogue dans le commerce illégal du THC, sous forme de e-liquides à vapoter à la fin de l’année dernière. Il semble donc qu'un nouvel agent épaississant ait commencé à être utilisé et, manifestement, ce nouvel agent serait l'acétate de vitamine E.

Cet acétate, également connu sous le nom de tocophérol, est donc un agent épaississant généralement utilisé dans les cosmétiques, les nettoyants pour la peau notamment. Mais, selon le Dr. Siegel, à la fin de l’année dernière, il a apparemment commencé à être utilisé pour épaissir l’huile de THC. Une première hypothèse serait que cet épaississant était probablement employé pour masquer le fait que le mélange avait été fortement dilué. Réduisant ainsi la quantité de THC réelle dans le produit acheté.

La présence de l'acétate de tocophérol aiderait à expliquer pourquoi les maladies pulmonaires observées sont si graves, et pourquoi les poumons des patients ne fonctionnent plus à la suite d'une telle ingestion.

Dans les faits


Comme expliqué dans le Washington Post : « L'acétate de vitamine E est essentiellement de la graisse », a déclaré Michelle Francl, professeure de chimie au Bryn Mawr College. « Sa structure moléculaire implique qu'il faille le chauffer à haute température pour qu'il se vaporise ».

Son point d'ébullition est de 363 degrés Fahrenheit (184°C), ce qui est bien au-dessus du point d'ébullition de l'eau à 212 degrés Fah (100°C), et près de quatre fois plus élevé que la température corporelle normale. Une fois que l'huile est suffisamment chauffée pour se vaporiser, elle peut potentiellement se décomposer et ainsi, vous respirez Dieu sait quoi. Lorsque cette vapeur se refroidit dans les poumons, elle revient à son état d'origine à cette température et pression, ce qui implique qu’elle recouvre alors l'intérieur de vos poumons avec cette huile ».



Il n’est pas difficile d’imaginer pourquoi les poumons cesseraient de fonctionner s’ils étaient recouverts de graisse ou d’huile.

Là où la situation est grave, c’est que les autorités sanitaires elles-mêmes n’avertissent pas le public en termes clairs et précis. Au lieu de diaboliser les cigarettes électroniques et le vapotage, qui reste un formidable outil pour arrêter le tabac à combustion, ces mêmes autorités feraient mieux de faire la guerre au cannabis illégal et aux liquides pour cigarette électronique non conformes.

Cette affaire montre à nouveau l’importance de ne pas mettre n’importe quoi dans vos cigarettes électroniques, de vous fournir en e-liquides conformes et de prendre conseil auprès de professionnels.

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Conclusion


La récente épidémie de maladies pulmonaires aux Etats-Unis qui a affolé la presse internationale s’est faite le messager d’un discours effrayant à l’intention des cigarettes électroniques. Mais après avoir reçu les premiers résultats d’analyse, il s’avère que les patients en question ont vapoté de l’acétate de vitamine E, une huile utilisée comme agent épaississant dans les liquides de THC illégaux. Donc, non, à priori la cigarette électronique ne tue pas lorsqu'elle est utilisée correctement.

Ce que l'on met dedans, par contre, est à surveiller étroitement et nécessite la plus grande vigilance et le plus grand respect des consignes de sécurité… Nous ne le répéterons jamais assez : pensez à vous avant tout, et n'hésitez jamais à vous faire conseiller par des professionnels du métier. Il en va de votre santé.

Bonne lecture

L'équipe Sweetch

Le Dr Siegel est professeur au Département des Sciences de la Santé Communautaire de l'école de santé publique de l'Université de Boston. Il a 32 ans d'expérience dans le domaine de la lutte antitabac. Auparavant, il avait travaillé deux ans au CDC, où il avait mené des recherches sur la publicité pour la fumée passive et la cigarette. Il a publié près de 70 articles sur le tabac. Il a témoigné dans le procès historique Engle contre les compagnies de tabac, qui a abouti à un verdict sans précédent de 145 milliards de dollars contre l'industrie. Il enseigne les sciences sociales et du comportement, la communication de masse et la santé publique ainsi que la défense des intérêts de la santé publique dans le cadre du programme « Maîtrise en Santé Publique ».

Article complet du Dr Siegel (en anglais) : http://tobaccoanalysis.blogspot.com/

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