Introduction

Depuis sa création en 1948, l’Organisation Mondiale de la Santé n’a pas été en mesure d’enrayer la première cause de décès évitables au monde. La cigarette électronique se développe depuis près de 15 ans. Nombre de témoignages et études scientifiques positifs existent désormais sur son efficacité. Toutefois, l’OMS se refuse toujours à intégrer les produits de la vape dans l’arsenal des outils de réduction des risques. Pire encore, elle en privilégie la prohibition pure et simple. Les vapoteurs essaieront encore une fois de se faire entendre à l’occasion de la Conférence des Parties à la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT) qui se tiendra virtuellement du 8 au 13 novembre prochains depuis Genève.  

La mauvaise foi de l’OMS

Des documents ayant fait l’objet d’une fuite émanant du bureau régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale (EMRO) suggèrent qu’elle préconise de traiter les produits à risque réduit de la même manière que les cigarettes ou même de les interdire purement et simplement. A défaut d’une interdiction totale, elle aimerait en interdire les arômes, les taxer et en restreindre au maximum l’accessibilité. Une telle politique de l’autruche face à 40 millions de vapoteurs et toutes les études scientifiques qui en prouvent désormais l’efficacité priverait les fumeurs de la meilleure alternative pour arrêter de fumer existant sur le marché à l’heure actuelle. 

Dans l’ordre du jour de la Convention qui commencera le 8 novembre, le Secrétariat a déjà annoncé que le dernier rapport du Groupe d'étude de l'OMS sur la réglementation des produits du tabac sera remis à titre informatif mais ne sera pas sujet à discussions. Celles-ci sont reportées à la COP10 qui aura lieu dans 2 ans. Voilà encore un exemple qui montre que sur ce sujet l’OMS ne veut pas rentrer dans le débat. 

Et cerise sur le gâteau, en plus des restrictions précitées, ce rapport va jusqu’à proposer l’interdiction des dispositifs à système ouvert (réservoirs rechargeables). Donc si on résume : plus de choix dans les saveurs, un prix surtaxé et uniquement des pods fermés qui rendent captifs leurs consommateurs. Voilà une recette efficace pour mettre des bâtons dans les pieds des fumeurs qui veulent arrêter ! 

Cent spécialistes à la rescousse

100 experts indépendants en science, politique du tabac et de la nicotine se sont réunis autour d’une lettre adressée aux 182 pays signataires de la CCLAT pour les exhorter à encourager l’OMS à soutenir et à promouvoir l’inclusion de la réduction des risques dans la Convention-cadre. Ils argumentent à juste titre qu’au cours de la dernière décennie, l'innovation sur le marché de la nicotine a fait qu'il existe désormais de nombreux produits qui n'impliquent pas la combustion de feuilles de tabac et l'inhalation de fumée.  

« L’OMS tourne le dos à une stratégie de santé publique qui pourrait éviter des millions de décès liés au tabagisme. » 

Ces experts déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêts et articulent leurs arguments s’appuyant sur une quarantaine de publications et d’études scientifiques. Ils demandent notamment à ce que l’OMS cesse d’instrumentaliser l’argument émotionnel de l’addiction des jeunes pour diaboliser les cigarettes électroniques. Il est justifié que les décideurs politiques s’inquiètent de l’augmentation de l’utilisation des cigarettes électroniques par les jeunes, cependant une analyse plus approfondie est nécessaire. En effet, en y regardant de plus près, on apprend que le vapotage chez la plupart des adolescents est peu fréquent, que l’usage et la dépendance à la nicotine chez les utilisateurs naïfs de tabac sont rares, et que l’usage le plus fréquent est concentré chez ceux qui étaient déjà fumeurs.  

La mobilisation

Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, diverses associations appellent à la manifestation ce dimanche 7 novembre afin de tenter de se faire entendre. C’est notamment le cas du Smokers Rights Movement qui organise des bus gratuits aller-retour au départ de Lyon, Zürich, Berne et Milan. 

Leur mission est d’en finir avec les morts dues au tabac. « Bannir des produits addictifs ne se termine jamais bien – ils doivent être remplacés par de meilleurs produits. La seule façon d’y arriver est de créer un marché bien réglementé. Nous allons faire pression sur les gouvernements nationaux pour que cela soit fait dès maintenant. » 

Si vous aussi vous souhaitez faire entendre votre voix pour que l’OMS accepte enfin de considérer les produits de la vape comme outils de réduction des risques, passez par la Place des Nations dimanche 7 novembre à 11h00.