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Destock'Vape
Prenons un exemple : Si demain le prix d’un litre d’eau coulant du robinet de votre évier était deux fois plus cher qu’une bouteille de vodka, quelle serait votre réaction ?
Vous trouveriez stupide qu’un produit nocif pour la santé puisse être meilleur marché qu’un produit aux vertus reconnues. Cela s’appelle du bon sens…
La décision de taxer lourdement les produits de la vape et de rendre la cigarette électronique financièrement peu attractive, va selon le principe des vases communicants, reporter sur la clope bon nombre de vapoteurs, ou contribuer au développement de marchés parallèles.
On parle, ici, d’une taxation de 20cts par ml pour des e-liquides nicotinés et 1CHF par ml pour les puffs. Indolore ? Non, si l’on parle de système ouvert, il faut ajouter le prix de la vapoteuse, des cartouches et des résistances à changer, cela fait considérablement monter l’addition.

La taxation importante des Puffs, se justifie pour le Conseil National, par une volonté d’éloigner les jeunes de la tentation de la vape par l’argument financier. C’est oublier le but premier de la vape : le sevrage tabagique. Cette taxation différenciée serait-elle là pour pallier une mauvaise surveillance des ventes aux mineurs ou un accès des ventes sur internet trop facile ?
Chez Sweetch, nous avons fait de l’interdiction de l’accès des produits de la vape aux jeunes une évidence, comme pour la plupart des professionnels du secteur.
Alors, stupidité patentée ? Travail de fond des lobbyistes du tabac ? Influence de l’OMS ? Ou tout simplement naïveté d’associations et d’élus hors-sol ?
Parlons chiffre. En Suisse, un quart de la population fume, c’est-à-dire près de 2 millions de personnes avec 9500 morts par an liés au tabac.
Selon le site de l’administration de la Confédération, ‟le tabac grève l’économie suisse de près de 3,9 milliards de francs chaque année, dont 3 milliards sont utilisés chaque année pour financer les traitements médicaux et 0,9 milliards pour compenser la perte de gain.”
Apparemment ça ne paraît pas suffisant pour mettre en place une stratégie de lutte contre le tabagisme efficace qui concilie économie et enjeux de santé publique.
Rappelons que la vape est aujourd’hui considérée, selon les études scientifiques, comme 95% moins nocive que la cigarette classique et que 3% de la population suisse est déjà passée à la cigarette électronique. Autant de maladies cardio-vasculaires et de cancers induits évités.

Petite piqure de rappel sur les connaissances en la matière : Oui la nicotine est hautement addictive, mais dans l’optique d’une première étape vers un sevrage tabagique, le but est d’éloigner le fumeur des produits cancérigènes contenus dans le tabac, responsables des maladies et des décès.
La cigarette électronique reste un moyen transitoire vers un arrêt total et progressif de la nicotine.
L’idée de taxer uniquement les e-liquides nicotinés pour inciter les fumeurs a n’utiliser que des liquides non nicotinés est une hérésie sur le plan de l’efficacité à long terme du sevrage tabagique. On sait aujourd’hui qu’un abandon réussi de la clope ne peut se faire qu’avec un taux de nicotine suffisant au départ pour combler les manques du fumeurs et ne pas le tenter de compenser ses envies en se tournant vers la cigarette. Dans un deuxième temps, la réduction du taux de nicotine pourra se faire jusqu’à la suppression totale, voire l’abandon de l’e-cig.
Le plus bel exemple européen de réussite en la matière reste le Royaume-Uni et sa politique publique de lutte contre le tabagisme centrée essentiellement sur la cigarette électronique avec des campagnes d’information, de prescriptions médicales. Pourquoi ? Parce que ça marche évidemment !
Il ne s’agit pas ici de faire l’éloge de la cigarette électronique, mais de reprendre les arguments utilisés par le rapporteur du projet de révision de la Loi lui-même.
Il est à noter tout de même, que le rapporteur reconnaît l’intérêt de la vape dans le processus de sevrage tabagique.

Prenons l’exemple de notre voisin italien.La mise en place d’une taxation sur la vape a eu pour conséquence le développement de la contrebande ainsi que la presque totale disparition du secteur légal de la vape. Le gouvernement italien a réagi en baissant de 80% le taux d’imposition par rapport au taux de départ et ainsi tenter d’endiguer le naufrage économique de recettes fiscales devenues anecdotiques. Idem pour le Portugal qui a suivi la même trajectoire.
Face à l’explosion du marché noir, l’Estonie a même totalement renoncé à sa taxation.
Toutes ces informations concernant la situation de nos voisins sont détaillées avec objectivité dans le rapport du Conseil National, parfaitement conscient d’aller dans le mur, mais qui croit, sans doute, que les mêmes causes ne produiront pas les mêmes effets en Suisse.
La théorie : la Confédération espère engranger 13,8 millions de francs de recettes fiscales grâce à cette taxation.
La réalité : Prenons le cas de la Suisse Romande frontalière de la France où la taxation n’existe pas. Les vapoteurs qui ne se seront pas tourner à nouveau vers le tabac, se réjouiront de faire du shopping en France voisine à moindres coûts. Pour les régions plus éloignées le marché noir et les ventes non contrôlées sur internet vont progresser.
En résumé : La Confédération ne touchera fiscalement que des miettes qui ne serviront pas à l’AVS pour compenser l’explosion du nombre de fumeurs et donc de maladies induites par le tabac.
Le GREA (Groupement Romand d’Etudes des Addictions) a vivement réagi au vote du Conseil National, se désolant à juste titre d’une régression annoncée en matière de lutte contre le tabagisme, surtout si l’on considère que le tabac à chauffer beaucoup plus nocif mais distribué par les Big Tobacco, échappe, lui, à une réévaluation de ses taxes et devient meilleur marché que la vape.
Le rapporteur du Conseil National ne semble, lui-même, pas très optimiste dans sa conclusion précisant que : ‟Il est difficile d’apprécier à l’heure actuelle dans quelle mesure l’impôt aura effectivement une incidence globale sur le comportement d’achat des consommateurs. Il y a cependant lieu de supposer que les e-liquides seront davantage commandés en ligne ou achetés à l’étranger.”
Encore une fois, on marche sur la tête et le tabac a encore de beaux jours devant lui !



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